Lorsque l’on prend en charge une ou plusieurs équipes, les façons de mener un entrainement sont nombreuses et variées.
Je vous propose dix points clés qui suivent le déroulé réel d’une séance : ce que vous préparez avant, ce que vous faites pendant, et ce que vous en tirez après.
Ils vous éviteront les erreurs les plus coûteuses et vous donneront une base à partir de laquelle construire votre propre façon de faire.
Cet article est le comment pas à pas. Le pourquoi, ce que la recherche dit de la préparation et ce qu’elle change pour vos joueurs, vit dans Construire sa séance.
Avant la séance : préparer
C’est un de mes conseils préférés : 80 % de la réussite, c’est la préparation.
1 / Définissez le thème de la séance
Vous avez trois façons de choisir votre thème.
Vous travaillez en fonction du projet de jeu défini en début de saison.
Vous avez identifié un problème précis dans votre équipe et vous construisez votre séance, ou votre cycle, pour le résoudre. Cela peut être un problème collectif clairement repéré, comme attaquer une défense 1-5 de zone ou organiser sa montée de balle. Cela peut aussi être un manque récurrent de savoir-faire individuel, comme s’orienter en défense ou s’organiser pour aller au tir.
Vous travaillez enfin en fonction de l’adversaire, quand vous connaissez ses forces et ses faiblesses.
Votre choix détermine ensuite la progression de votre travail.
2 / Posez un objectif principal, puis un ou deux objectifs seconds
L’objectif principal oriente tout le contenu de la séance. C’est votre fil rouge.
Prenons un exemple. Vous avez décidé d’apprendre à attaquer une défense 1-5 de zone, et parmi les nombreuses solutions possibles, vous privilégiez le croisé demi-centre / arrière gauche, pour créer un point de fixation d’un côté du terrain et renvoyer le jeu à l’opposé dans un second temps.
Les objectifs seconds, un ou deux au maximum, sont ce qui rend vos exercices praticables.
Dans notre exemple, vous devrez réfléchir au placement du pivot, côté croisé ou à l’opposé, et à la façon dont le croisé s’exploite pour que le jeu continue à l’opposé.
Au-delà de trois objectifs, la séance ne vise plus rien.
3 / Comptez les présents et vérifiez le matériel
Le nombre de joueurs présents décide de ce que vous pouvez réellement travailler. On ne travaillera pas l’attaque d’une défense 1-5 avec un seul arrière latéral présent.
Vous pouvez le savoir en faisant un point à la fin de l’entrainement précédent, ou le jour du match en tenant compte des joueurs non sélectionnés. Un fichier partagé où chacun renseigne ses disponibilités fonctionne aussi, et des sites spécialisés le proposent gratuitement dans leurs fonctions de base.
Côté matériel, vous connaissez ce dont dispose le club, et vous l’avez pris en compte dans votre organisation. Vérifiez surtout qu’un autre entraineur ne l’utilise pas au même moment : des plots partis dans une autre salle ou des chasubles introuvables vous coûtent du temps et la concentration de vos joueurs.
Et vérifiez que vous avez bien les joueurs dont vous avez besoin : difficile de faire un échauffement de gardien sans gardien de but 😉
4 / Écrivez le déroulé avec les heures, et prévoyez vos régulations
Prévoyez quatre à cinq exercices selon la durée de votre séance, et faites apparaître sur votre fiche l’heure de début et de fin de chaque séquence.
Par exemple : début à 20h00, fin de l’échauffement à 20h15, première situation de travail de 20h18 à 20h40, deuxième situation de 20h43 à 21h06.
Ces temps de passage gardent le rythme de l’entrainement, et avec le rythme, l’attention de vos joueurs.
J’aime bien utiliser une trame type, que l’on peut reproduire dans le Créateur de séances, et ma préférée est celle-ci :
- Présentation de la séance et déverrouillage articulaire des joueuses et des joueurs en même temps
- Échauffement, mise en route
- Temps de travail sur les fondamentaux : passes, jeu sans ballon, timing, orientations…
- Échauffement GB
- Situation de travail 1
- Situation de travail 2
Dans le Créateur de séances, cette trame est celle proposée par défaut, avec deux pauses et une conclusion de séance en plus. Vous la réglez une fois, et chaque nouvelle séance en hérite.
Prévoyez enfin deux types de régulations.
La première adapte l’exercice aux compétences des joueurs présents, pour qu’il se déroule bien. Dans notre exemple, vous ferez défendre avec un ballon dans les mains, ou vous augmenterez l’espace disponible pour les attaquants.
La seconde vous adapte aux conditions du jour. Gardez toujours quelques entrainements d’avance, à sortir au dernier moment en cas d’absences imprévues, de préférence sur les savoir-faire individuels. C’est le moyen de faire progresser individuellement ceux qui sont là plutôt que de subir la séance.
Pendant la séance : conduire
5 / Regroupez vos joueurs à l’heure précise du début
Convoquez vos joueurs en tenue dix minutes avant, pour ne pas empiéter sur le temps de jeu.
Ce regroupement marque le début du travail et de la concentration.
Présentez le programme du jour, les objectifs et les exercices, et dites brièvement pourquoi vous les avez choisis. Le pourquoi compte autant que le quoi, et vos joueurs ne découvrent plus la séance au moment de la mise en place.
6 / Expliquez vite, et faites respecter les moments d’échange
Parlez lentement et fort, pour que tout le monde entende et comprenne.
En moins d’une minute, votre exercice doit être expliqué. Si cela prend plus longtemps, c’est que l’exercice est trop compliqué, ou que vous n’êtes pas assez clair 😉
Mettez l’exercice en place pendant que vous l’expliquez, en plaçant les joueurs à leur poste au fur et à mesure. La compréhension y gagne beaucoup.
Pendant une consigne, une correction ou une question, personne ne discute et personne ne dribble. Le plus simple est de fixer ces règles avec le groupe en début de saison, de façon collégiale : dix pompes par minute de retard à l’entrainement, par exemple 😉
7 / Échauffez dans le thème de la séance
Choisissez pour l’échauffement des joueurs, et pour celui des gardiens si vous les séparez, des jeux et des exercices qui intègrent le thème et l’objectif du jour. Vous gagnez un temps considérable sur la compréhension des exercices qui suivent.
Dans notre exemple, vous prévoyez un croisé demi-centre / arrière latéral avant le tir pendant l’échauffement du gardien, ou vous ajoutez une règle dans un jeu pour projeter déjà les joueurs dans la suite.
Quelques repères qui valent pour tout échauffement.
Mettez tout le monde en mouvement immédiatement, sur des exercices simples et connus, avec un maximum de manipulations de ballon pour en faire aussi un temps d’apprentissage technique.
Intégrez tôt des courses avec changement de direction pour travailler les reprises d’appuis, et des un contre un à vide ou devant de petits obstacles pour créer le réflexe de l’évitement.
Les enfants et les adolescents se mettent en route plus vite que les seniors : choisissez vos exercices en conséquence, au moins pour le début de séance.
Si vous sentez le groupe distrait, ne commencez pas par des exercices à deux, et séparez au besoin les joueurs à tempérament.
Veillez à ce que les exercices se fassent à droite comme à gauche, aux bras comme aux jambes, pour développer la coordination.
Augmentez la difficulté graduellement. Évitez les mouvements trop vifs et les charges qui sollicitent rudement les articulations, et une fois l’intensité montée, maintenez-la jusqu’à la fin de l’échauffement.
Un jeu de compétition convient bien pour terminer, à condition que son organisation ne prenne pas trop de temps.
Le fil directeur doit rester perceptible, mais variez la charge, les tâches et les orientations pour éviter la routine.
8 / Restez sur votre objectif principal
Vous ne pouvez pas tout corriger en même temps.
Si vous avez décidé d’améliorer les savoir-faire défensifs, ne corrigez pas le un contre un de l’attaquant. Regardez le défenseur : ses appuis sont-ils bien orientés, se place-t-il entre l’attaquant et le but ?
9 / Régulez en direct, lancez des défis, mettez en avant le positif
Vous avez préparé l’exercice chez vous, vous avez peut-être téléchargé une fiche exercice, et rien ne se passe comme prévu. Vous avez alors plusieurs choix.
Si l’exercice est trop compliqué pour votre groupe, arrêtez-le et passez au suivant, ou reprenez un exercice d’une séance précédente que vous avez en tête.
Si l’exercice peut convenir mais que les savoir-faire ne sont pas encore assez développés, jouez sur la vitesse d’exécution : commencez en marchant pour le faire bien, accélérez petit à petit pour le faire vite, et finissez par le faire vite et bien 😉
Selon les critères de réussite que vous cherchez, adaptez aussi les distances, les contraintes, le temps de travail ou le nombre de ballons.
Lancez des défis, adaptés à l’âge de vos équipes. Un bon défi stimule vos joueuses et vos joueurs individuellement et collectivement.
Encouragez enfin celles et ceux qui essaient de s’améliorer, qui suivent les consignes, qui sont attentifs, même quand ils ne réussissent pas. Gardez la même attitude avec tout le monde et restez cohérent dans vos choix.
Après la séance : débriefer
10 / Faites trois retours
Le retour collectif, avec vos joueuses et vos joueurs, fait apparaître les questions qu’ils n’ont pas osé poser pendant la séance, et vous dit ce qu’ils ont appris.
Le retour individuel s’impose si vous avez eu un souci avec l’un d’eux. Réglez l’incident en tête à tête à la fin de l’entrainement, pendant qu’il est encore frais.
Le retour personnel, enfin, se note sur votre feuille : ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné, les exercices que vous voulez refaire et ceux que vous voulez modifier.
Un conseil pour finir : utilisez des fiches exercices à lecture rapide, sur le modèle de celles du site. Elles font ressortir les points clés de vos mises en place, et elles vous font gagner du temps en séance.
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. C’est un mémento à adapter à votre pratique et à votre fonctionnement, qui vous donne les bases pour que vos entrainements soient le plus réussis possible.
Bon entrainement 😉



