Les fondamentaux

Le jeu sans dribble

Mise en place de l'exercice Fondamentaux Savoir Faire individuels progression vers le but

Un samedi ordinaire, regardez une attaque de votre équipe.

Le joueur reçoit la balle à l’arrêt. Il pose un dribble pour se mettre en mouvement. Il baisse la tête pour contrôler son ballon. Puis il part sur le défenseur, au lieu d’attaquer l’espace libre entre deux défenseurs.

Quand j’ai préparé un webinaire sur les fondamentaux de l’attaque, j’ai pris trois vidéos pour illustrer ce constat. Une équipe de moins de 16 en départemental, une équipe senior masculine, et mon équipe féminine. Sur les trois, on voit la même chose.

La joueuse pose son dribble pour s’engager dans l’intervalle, alors qu’elle y serait allée beaucoup plus vite sans lui.

Ce que le dribble coûte à l’attaque

Je pars d’un principe simple. Le dribble est naturel. Donnez un ballon à n’importe quel joueur, de n’importe quel âge, il se met à dribbler.

Ce réflexe a deux conséquences.

La première touche la prise d’information. Un joueur qui dribble regarde son ballon, donc il ne voit ni ses partenaires ni les espaces qui s’ouvrent devant lui ou l’organisation de la défense, la position des défenseurs.

La seconde est plus lourde. On a souvent une accumulation de jeux individuels, je pose mon dribble, j’essaye de faire un un contre un. Si ça marche au mieux, il y a but. Si ça ne marche pas, alors seulement je vais faire la passe à mon partenaire qui lui aussi attend la balle à l’arrêt et va faire son dribble et enchaîner une énième action individuelle. C’est exactement ce qui me pose problème, car je trouve que le dribble nuit au jeu collectif, notamment en ralentissant le jeu.

Ce que j’ai choisi de faire

Dans mes équipes, j’ai interdit le dribble à l’entrainement.

La seule exception que je garde, c’est le dribble pour partir seul en montée de balle, quand personne ne se trouve entre le joueur et le but. Chez mes jeunes, je vais plus loin, je l’interdis même en montée de balle pour leur permettre d’être plus attentifs aux fondamentaux de la montée de balle.

Cette interdiction ne vaut pas que pour les situations d’attaque. Je fais jouer beaucoup mes équipes, et je propose tous mes jeux d’échauffement sans dribble, pour qu’elles apprennent à se mettre en mouvement sans le ballon.

Ce n’est pas une vérité, c’est un parti pris, et je l’assume comme tel. Tout le monde n’est pas d’accord avec ça et c’est tant mieux car rien n’est figé et définitif dans notre sport.

Ce que la contrainte produit

Le dribble fait partie du crédit d’action du joueur, c’est-à-dire de tout ce qu’il peut faire ballon en main pour accéder au but. En limitant ce crédit d’action, on développe le jeu au mouvement des joueurs sans ballon.

Le joueur qui a le ballon, lui, n’a plus le choix. Sans son dribble, il est obligé de lever la tête pour donner à un partenaire, proche ou éloigné. C’est en ce sens que la suppression du dribble développe la lecture du jeu, chez celui qui a le ballon comme chez ceux qui ne l’ont pas.

Le dribble reste un vrai moyen d’accéder au but, et un joueur capable de faire la différence balle en main n’a aucune raison de s’en priver. C’est ce que l’on appelle le dribble utile ;-)

Comment je le travaille

Vous ne pouvez pas tout travailler en même temps. Avec un ou deux entraînements par semaine et un groupe hétérogène, vouloir tout traiter est pour moi la meilleure façon de n’arriver au bout de rien.

Je choisis donc deux savoir-faire individuels et un savoir-faire collectif par cycle de six semaines, entre deux vacances.

Je les formule en une phrase que n’importe qui peut évaluer au bord du terrain, un parent, un accompagnateur, le joueur lui-même. « Je me mets en mouvement sans la balle. » « Je fixe dans l’intervalle, pas sur le défenseur. »

Je fais un bilan à la fin de chaque séance, avec trois objectifs et une question simple, est-ce qu’on y est arrivé. Et j’évalue la progression à la fin du cycle, joueur par joueur.

Pendant ce cycle, je ne corrige pas tout. Je peux faire une remarque en passant sur le reste, mais ce que je corrige vraiment, c’est ce que j’ai choisi de travailler.

Les deux autres pièces de la prise de vitesse

Supprimer le dribble met les joueurs en course sans ballon. C’est la première pièce, et elle ne suffit pas.

Il en manque deux autres. Le moment où le joueur s’engage dans l’intervalle, c’est-à-dire ce qui déclenche son départ, et l’accélération au moment où il reçoit le ballon.

Quand vos joueurs se mettent en course sans ballon, qu’ils attaquent l’espace entre deux défenseurs, et qu’ils accélèrent à la réception, vous avez tous les ingrédients de la prise de vitesse de la défense.

Deux articles traitent cela : le changement de rythme d’abord, les invitations ensuite.

Quatre exercices pour le travailler

Essayez sur une séance, et regardez ce qui change dans le déplacement de ceux qui n’ont pas le ballon.

Pour continuer

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Chaque semaine, je vous envoie une idée de terrain à essayer avec votre équipe : un exercice décortiqué, une réflexion, une ressource. C'est gratuit, et cela se lit en cinq minutes et cela peut inspirer vos préparations de séances ou de matchs.

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